Parution des Actes Brouettistes
Le 1er avril 2010 se tint à Limoges un colloque surréaliste, pataphysique sur… la brouette. Il fut question aussi des fous littéraires et des bibliothèques imaginaires. Les actes sont enfin publiés. il y a des choses très érudites et sérieuses, de grands délires, des choses très drôles. Voici le bon de commande présentant la 4e de couverture, au cas où. Renseignements : > m’écrire (normalement la faute sur ce spécimen de la couverture a été corrigée, rassurez-vous).
Sauvez au moins un flamant rose
Ca fait un paquet d’années que j’alterne périodes de salariat et périodes free-lance : j’ai connu des hauts et des bas, et jamais je ne me suis enrichi malgré quelques années fastes, mais désormais bien lointaines, -et ce n’est rien de le dire. Cela implique, cette « vie d’artiste », de travailler quasiment tous les jours, soirs et matins, week end compris, de 9h à minuit (vraiment), de n’avoir que très peu de vacances pour cause de « fonds de caisse » qu’il faut toujours alimenter, de communication frénétique qu’il faut mener, de 10 idées à la minute qu’il faut lancer pour qu’une seule soit acceptée, de propositions à écrire, de travaux à anticiper et d’autres à terminer, de déplacements à assumer…
C’est un choix de vie, certes. Il permet de multiplier les expériences aussi, de rencontrer nombres de gens différents, de toujours apprendre. Ce choix de vie, parfois difficile, parfois épuisant jusqu’à la saturation ou une forme de schyzophrénie intellectuelle consistant à passer d’un sujet ou un rôle à un autre radicalement opposés, me convenait parfaitement.
Mais voilà : l’époque est de plus en plus raide, et désormais ce n’est plus tenable : les budgets fondent, les rémunérations aussi (je gagnais le double il y a dix ans pour les mêmes activités, en gros), les entreprises ou institutions paient maintenant jusqu’à un an de retard (deux cas ces deux dernières années), sinon entre 4 et six mois, le travail se raréfie. Toutes professions créatives, intellectuelles, continuent depuis dix ans de se prolétariser. Et je ne parle ni du respect ni de la considération…
J’ai fait aussi le choix du « plancher » sous lequel ne pas descendre : il y a eu ces derniers mois des jobs si mal payés, dans des conditions financières si honteuses, des considérations de servitude ou d’idéologie inacceptables, avec des délais de paiement si indécents que je ne les ai pas pris, que je ne les prendrais pas tant que je pourrai. Je considère que nous ne devons plus accepter n’importe quoi ; nous nous sommes trop fait grignoter. Chaque nouveau renoncement nous enfonce jusqu’au prochain. Je ne suis pas seul dans cette situation « d’intello précaire » devenu aujourd’hui « lumpenintelloprolétaire » : j’en connais pléthore. Ils constituent actuellement un peuple muet, qui comme beaucoup va devoir aller ailleurs. Enfin, outre la « crise » : « Ils » auront mis tout le monde au pas, « ils » auront réussi à économiser sur tout. « Ils » auront de la merde faite par des esclaves dénutris. Le monde de la communication, de la presse, de la création qu’elle qu’elle soit, de l’édition… qui ne travaillent qu’à leur propre survie en écrasant leurs ressources premières, doit aller au bout de son processus pour comprendre ce qui se passe : « ils » s’écrouleront ou « ils » devront faire un virage à 180° car le public lui-même, leur clientèle, finiront aussi par grogner.
J’ai une expérience pluridisciplinaire : j’ai pratiqué toutes les formes de communication, toutes les formes de journalisme. J’en enseigne même. J’ai la réputation d’être extrêmement créatif et bourré de ressources. J’ai écrit des milliards de signes, des centaines de projets. J’ai mené des centaines d’ateliers d’écriture avec des dizaines de publics différents, de l’enfant attardé mental à l’ingénieur en aéronautique. J’ai la réputation d’être un bon pédagogue. Bref, j’ai un CV comme ça, qu’il faut me > demander.
Je n’ai plus de boulot. Je ne trouve plus. Je suis à court d’imagination pour en trouver de respectables, de dignes, d’honnêtes sur le marché du travail.
Ah si, un truc ou deux dans les mois qui viennent, qui ne suffiront vraiment pas. Ah si, des projets de cours en septembre à la fac, qui me paiera en février 2013… Mais songez qu’avril : vacances scolaires, tout est bloqué. On enchaîne sur mai particulièrement riche en ponts cette année : rien n’avancera et les élections dans ce pays figent tout. Juin, il y aura un peu de panique avant la torpeur de l’été. En somme, normalement, c’est cuit pour cette année avant une éventuelle reprise du boulot en octobre. Octobre, et des chèques qui recommenceraient à tomber c’est dans six mois. Je n’ai pas le droit au chômage (piège de l’autoentreprise, je n’ai pas fait assez d’heures salariées ces derniers 18 mois) ; pas droit au RSA, car entre autres situation, j’ai trop gagné.
Alors si d’aventure vous passez par là, et vous pouvez contredire mes prévisions parce que je rentre dans les cases, vous êtes bienvenu(e).
Ouverture d’une nouvelle école de journalisme à Nantes
Une nouvelle école de journalisme ouvre à Nantes. C’est l’EMI (Ecole des métiers de l’information) Grand Ouest, pendant de la fameuse EMI-CFD de Paris où j’ai déjà quelques fois sévi. J’y donnerai des cours dans diverses disciplines, et des ateliers d’écritures seront également proposés. Faites tourner !
Novella de SF néoluddite à placer
Avis à la population éditrice qui erre ici.
J’ai écrit l’an dernier une novella de SF (60 000 signes) sur les robots japonais et les néoluddites (« Les robots ne crient jamais »), qui m’a été payée (non sans mal, mais c’était une commande, texte accepté, etc.) et qui devait faire l’objet d’un livre interactif, c’est-à-dire avec des compléments informatifs (c’est bourré de liens, il y a des vidéos, etc issus de ressources web). Pour une fois, ce n’est pas un texte humoristique, c’est de la SF sérieuse, plutôt aventure urbaine et politique. J’en ai récupéré les droits (le projet de magazine interactif a été annulé). Ca peut-être publié en papier ; ça fonctionne sans les liens ou alors on met ça en annexe du genre, pour en savoir plus. Kinenveu ? Le néo-luddisme, un de mes dadas, > c’est ça.
Ma carte de voeux pour 2012
Ma carte de voeux pour cette nouvelle année, et n’y revenez pas.
En tout cas, je vous aurai prévenu.
et pendant que j’y suis : dernière année pour lire > ça.













