Ouverture d’une nouvelle école de journalisme à Nantes

Une nouvelle école de journalisme ouvre à Nantes. C’est l’EMI (Ecole des métiers de l’information) Grand Ouest, pendant de la fameuse EMI-CFD de Paris où j’ai déjà quelques fois sévi. J’y donnerai des cours dans diverses disciplines, et des ateliers d’écritures seront également proposés. Faites tourner !

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20 février

Novella de SF néoluddite à placer

Avis à la population éditrice qui erre ici.

J’ai écrit l’an dernier une novella de SF (60 000 signes) sur les robots japonais et les néoluddites (« Les robots ne crient jamais »), qui m’a été payée (non sans mal, mais c’était une commande, texte accepté, etc.) et qui devait faire l’objet d’un livre interactif, c’est-à-dire avec des compléments informatifs (c’est bourré de liens, il y a des vidéos, etc issus de ressources web). Pour une fois, ce n’est pas un texte humoristique, c’est de la SF sérieuse, plutôt aventure urbaine et politique. J’en ai récupéré les droits (le projet de magazine interactif a été annulé). Ca peut-être publié en papier ; ça fonctionne sans les liens ou alors on met ça en annexe du genre, pour en savoir plus. Kinenveu ? Le néo-luddisme, un de mes dadas, > c’est ça.

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31 décembre

Ma carte de voeux pour 2012

Ma carte de voeux pour cette nouvelle année, et n’y revenez pas.
En tout cas, je vous aurai prévenu.
et pendant que j’y suis : dernière année pour lire > ça.

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26 décembre

Libre à compter de fin mars 2012

Je tire le bilan de l’année : travail TOUS les jours (oui, tous. Pour préparer, pour proposer, pour finir, pour faire), gesticulations incessantes, plein de choses faites et de bons moments, mais force est de constater que financièrement ça devient de plus en plus intenable (paiements de plus en plus tardifs, relances incessantes, et au final à cause de la dégringolade des tarifs, pas un centime d’avance, voire… fin d’année raidissime). Et je n’ai plus rien à faire à compter de mars jusqu’à ad vitam aeternam car je vais sans doute perdre les cours à l’automne 2012 grâce à la loi d’autonomie des universités… Bref, je cherche du boulot à compter de mars, salarié et machine à café, si possible pas chiant, pas avec des petits chefs, si possible qui ne rende pas fou, avec un salaire qui permet un peu plus que me nourrir me loger et rester propre. Je ne peux plus attendre entre trois et six mois qu’on me paie (qui le peut?). Précision : je sais lire et écrire.
> M’écrire.
image : Xavier Gorce

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17 décembre

2e édition, réécrite de « Tout ce qui tombe du ciel » en numérique

Ma copine Flore qui vit aux Amériques a décidé de créer une maison d’édition pour Français expatriés, »Le Gaulois Nomade »: que des livres en français sur Kindle (mais lisibles sur ordinateurs et tablettes avec un reader gratuit Amazon), car le catalogue d’Amazon en la matière est pauvre, mais l’appareil répandu. Je lui ai réécrit un de mes romans indisponibles dont j’avais récupéré les droits (et j’ai même fait la couverture !).

> C’est ici : Enjoy, les froggies !

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3 octobre

Non à la fermeture de la bibliothèque Morland à Paris

Je suis un écrivain, mais aussi un citoyen, un quidam, qui doit tout aux bibliothèques de prêt. Je leur suis viscéralement attaché. Enfant aux parents guère fortunés, j’ai usé mes pantalons dans les bibliothèques municipales de ma ville. Plus tard salarié, déjà pas assez rémunéré dans les années 80-90, j’ai écumé le catalogue de la bibliothèque d’entreprise réservée au personnel de la grande banque parisienne pour laquelle je travaillais. Aujourd’hui encore, -et toujours, et plus que jamais, et résolument-, je hante tout ce qui est bibliothèques et médiathèques de ma ville, de musées, d’administrations, d’entreprises, même.
J’ignore si la bibliothèque financée par la banque et son comité d’entreprise de l’époque existe encore. Je doute, mais je le souhaite vraiment. On dit que chaque vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle. Je viens d’apprendre que la ville de Paris voulait supprimer la bibliothèque Morland, réservée au personnel de la ville. La ville de Paris brûle donc ses bibliothèques. Sans doute l’idée de donner accès à la culture à des employés est-elle une idée de vieillards -de ceux qui firent en 1945 le service public, la sécu, l’éducation, et j’en passe.
Les employés de la ville de Paris ne devront que produire, travailler et ne plus pouvoir se cultiver sans écorner leurs faibles rémunérations. On savait déjà au titre du terme étrange de « volumétrie » la ville de Paris veut se séparer de milliers de livres . La volumétrie va donc atteindre l’accès à la culture des salariés. Lire, c’est sans doute désobeïr. Lire c’est sans doute coûter de l’argent. Donner à lire, donner du sens, c’est sans doute plus onéreux que de répandre du sable sur des quais pour amuser une galerie de passants.
C’est à la bibliothèque de prêt qu’enfant j’ai emprunté le roman de Ray Bradbury : « Farenheit 451″. Des pompiers y brûlent des livres. Ils font des tas dans la rue et les enflamment. A Paris, on va carrément éliminer des rayonnages. C’est plus radical, plus rationnellement froid, sans doute. On fera un hôtel ou un supermarché. On fera de l’argent grâce à la revente du lieu. Avec le reste, on communiquera sur papier glacé et sans doute parlera-t-on dans ces pages aux mots creux de Paris, Ville de Culture.
Le service public -ho ! le méchant mot- est en train de crever sous la bêtise et la cupidité. Le service public, l’éducation générale, le respect de chacun, et même de ses salariés, voudrait qu’on s’élève toujours plus. C’est une histoire de dignité. Encore un vilain mot, sans doute.
Le projet de fermeture de la bibliothèque Morland est indigne. Comme de nombreux autres écrivains ou citoyens je suis signataire de la pétition. > Je vous engage à faire de même.

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25 septembre

Déclaration d’indépendance de l’île de Nantes

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24 septembre

La presse parle déjà de l’indépendance de l’île de Nantes

Pour recevoir une version de l’article et être tenu au courant de l’avancée des travaux : contact@guanxi.pro Sinon suivez cette page : des éléments de langage seront révélés peu à peu d’ici la déclaration d’indépendance (et ses discours) notamment sur la page Facebook du P.I.P.I.

(Légère erreur dans l’article : immarcescible signifie au contraire « qui ne peut flétrir »).

Un ancêtre au P.I.P.I. (Ouest France) qui semble-t-il nous soutient. Merci à ces visionnaires ! Les ralliements, de fait, sont de plus en plus nombreux. Le Melting Potes commence d’ores et déjà les travaux pour creuser un amphithéâtre de 3000 personnes entre le lave-vaisselle et la pompe à bière :

> A noter aussi un article sur la version électronique du Télégramme

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26 août

Le programme des soirées Guanxi pour octobre et novembre 2011


… est enfin connu. La déclaration d’indépendance de l’Ile de Nantes (billet précédent), en fait partie…

> C’est ici et ce sera tous les mercredis soir à Nantes à compter du 14 septembre.

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18 août

Déclaration d’indépendance de l’Ile de Nantes le 28 septembre 2011, 20h

Bientôt libre

En attendant le programme de rentrée de GUANXI à compter du 14 septembre 2011, voici déjà une soirée à réserver : le lancement du Putsch Imaginaire Permanent. Voir le badge Facebook ci-contre, ou la page Facebook du P.I.P.I.
A vos cagoules, et préparez vos plumes.

Fondé par Lalie Walker et Francis Mizio, Lumineux Fondateurs présidents à vie, le 28 septembre 2011, le P.I.P.I parti indépendantiste populaire immarcescible de l’Ile de Nantes est une action surréaliste, pataphysique, littéraire et humoristique ayant pour but de :
- Promouvoir le Putsch Imaginaire Permanent (PIP) dès le 28 septembre 2011
- Rédiger codes, lois, règlements, décrets, ordonnances, codicilles, alinéas, erratas, rectificatifs, communiqués, revendications et récriminations concernant l’Ile de nantes
- Rétablir par des débats, conférences, communications, animations, la vérité imaginaire sur l’histoire de l’Ile, ses arts et traditions populaires, sa culture, etc. (Inclus toponomie et signalisation)
- Concevoir hymnes, héraldique et logos…
Ces travaux seront réalisés par le Comité Convivial Collégial Populaire (CCCP) dont seront membres de droit les insulaires (les Nantais Continentaux devront s’acquitter d’une taxe très modeste et d’une taxe de bar). Les réunions des CCCP auront lieu un mercredi par mois à compter du PIP au Q.G., bistrot le Melting Potes (26 Bd de la Prairie au duc, 44200 Ile de Nantes).
Les travaux seront publiés à l’issue par un éditeur lié à la cause.

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9 août

Chroniques pour Euradionantes (7 à 11 – fin)

(Contexte : voir messages précédents)

7 – Avoir la langue dans sa poche.
On dit que quelqu’un qui n’a pas sa langue dans sa poche, qu’il est très bavard, ou porté sur les potins, les ragots ; bref qu’il parle trop, trop facilement, et devrait peut-être parfois tourner sept fois sa langue dans sa bouche pour prendre le temps de mesurer ses propos. En France, pays réputé pour discuter longuement de tout et de rien, on n’a pas sa langue dans sa poche. Il faut dire que forcément, dans la poche il y a déjà beaucoup de choses : on peut y trouver ainsi un oursin, pour dire qu’on est pingre, et si on ne l’est pas on achète des choses chat en poche, c’est-à-dire quelque chose qui se trouve au fond d’un sac sans en connaître l’état. Vous voyez on parle de langue et de poche et déjà j’en dis trop. Et si elle n’est pas dans la poche, forcément, la langue est bien pendue, ou elle est trop longue… Alors on parle à tort et à travers, on a trop de répartie. Il vaudrait mieux dit-on en ce cas ravaler sa langue. Je rappelle qu’on n’a plus de place dans la poche de toute façon.
L’expression ne pas avoir sa langue dans sa poche apparue au début du XIXe. Je n’en sais pas plus. Autant il y a d’expressions en France qui comportent le mot de langue, autant les gens au courant semblent muets là-dessus. Il faudrait se les mettre dans la poche et leur délier la langue.


8- Avoir le moral dans les chaussettes

Pays de déprimés professionnels la France apprend-t-on régulièrement à le moral dans les chaussettes. Le moral est une chose régulièrement auscultée en France : le moral des ménages, des jeunes, des vieux, des cadres… On guette sans cesse tous ces gens en espérant qu’ils vont bien avoir un jour le moral au-dessus des sourcils, mais non : le moral est « à zéro », ou « en flaque ». L’expression avoir le moral dans les chaussettes on en conviendra connote un peu chute d’organe, et si on imagine les chaussettes distendues, vous avez une idée de notre psyché nationale. Comment les Français font donc alors pour tenir le coup ? Il n’y a une solution que nous envient bien des pays bénéficiant de moins de congés payés : les Français attendent l’été, ils vont à la plage. Le moral alors, forcément remonte. Grâce à cet méthode éprouvée le moral n’a en effet n’a plus de chaussettes où se réfugier puisqu’on est tous pieds nus ou en tongs. Et c’est ça aussi le génie français.

9- Avoir des casseroles, ou traîner une casserole est une expression française remontant aux années 1900 et qui renvoie à un jeu de sales gosses : attacher une casserole à la queue d’un chat pour le voir détaler dans un vacarme épouvantable. On voit l’image : la casserole est derrière soi et elle fait un raffut du diable, plus moyen d’approcher les souris, ni quoi que ce soit. En politique il semblerait que ce soit pareil. Si vous avez approché justement de trop près une souris, ou vous êtes frotté à quoi que ce soit de trouble, comme par magie vous vous retrouvez à traîner une casserole. Et au moment de séduire les électeurs ou de convoiter un poste… voici que cette satanée casserole fait du boucan et vous empêche de mener à bien vos ambitions. Cela étant, on a pu constater ici ces dernières années des gens qui ne traînaient pas qu’une seule casserole, mais une véritable batterie d’instruments. Le bruit est épouvantable, mais on les voit continuer toutefois à faire leur petite cuisine comme s’ils n’étaient les seuls à ne rien entendre. A croire que trop de casseroles rend sourd comme un pot.

10- Arrondir les angles
Si un Français vous crie dessus avec une voix qui porte dans les tons aigus, c’est qu’il est sans doute grand temps d’arrondir les angles. Cette expression signifie qu’il faut faire usage de diplomatie pour calmer l’ardeur de la personne colérique en face. Je n’ai pas retrouvé son origine, mais j’imagine sans peine qu’elle  est sans doute née il y a très longtemps chez un menuisier comme on en trouve ici qui avait dû dépasser le devis annoncé initialement à son client. J’imagine que l’apprenti est arrivé et a tenter de calmer les deux opposants. Je le vois aussi avec une lime à la main, s’interposant, entre ces gens qui se traitent d’équilatéral toi-même ou d’espèce de cosinus, d’hypoténuse et autres noms pointus, avant de peut-être peaufiner le meuble, sans majoration de prix. Mais tout cela a dû rester en cercle fermé. Les gens, j’en suis certains une fois calmés savent tirer un trait et prendre la tangente. Arrondir les angles, c’est surtout savoir rester droit et revenir sur de bonnes bases, dans la ligne correcte. Point final.

11- Casser du sucre sur le dos de quelqu’un
Nous avons en France de drôles de traditions et des pratiques qui laissent nos voisins perplexes. L’une d’entre elle consiste à casser du sucre sur le dos des autres, et notamment les fameux voisins. Cette expression qui signifie que l’on critique une personne vertement est repérée dans notre patrie de betteraves sucrières en 1868, déclinée de l’argot « sucrer » qui signifiait « maltraiter ». « Se sucrer de quelqu’un » signifiait le prendre pour un idiot.
J’ignore, en retour de ce sucre que nous aimons briser sur nos voisins, ce qu’eux nous administrent, lassés de payer les pots cassés. J’imagine que l’Allemand nous casse de la saucisse blanche, l’Anglais des tasses de thé, l’Espagnol des omelettes au chorizo, le Hollandais des speculoos. C’est bien pourquoi devrait-on sans doute cesser ces pratiques et réunir tout ça pour se faire un repas convivial.
Ca s’appellerait l’Europe.

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5 juillet

Chroniques pour Euradionantes (4 à 6 / 11)

(Contexte : voir message précédent)

4- Ca me fait une belle jambe
Si un médecin français dit à un malheureux qu’il va devoir l’amputer au-dessus du genou mais qu’il sera en revanche entièrement pris en charge par ce système de couverture sociale que tout le monde nous envie, le patient est en droit de lui rétorquer tout de même : hé bien, ça me fait une belle jambe.
Faire une belle jambe : à partir du XVe siècle, les Français peuple de courtisans toujours prêts à faire des ronds de jambe, aimaient à se pavaner. Les hommes portaient des tenues composées de chausses, de hauts de chausses et de bas, bien galbés, qui rendaient la jambe, belle ; signe, alors, de distinction. Quelque chose qui vous faisait la jambe belle, était valorisant. Mais l’expression peu après, comme les bas, a plissé : elle a pris une signification ironique, convoquant le frivole, le futile. Et puis, dans ce pays nous avons eu aussi une révolution faite par des « sans-culottes » : la distinction aristocratique a perdu son importance, même si le bling bling n’est apparu que bien après sous d’autres régimes. Aujourd’hui, une fois la négation perdue « ça ne me fera pas la jambe mieux faite », on en est a ce que cela « nous fasse une belle jambe », c’est-à-dire que cela ne changera pas grand chose à une situation déplorée. Et notre futur unijambiste me direz-vous ? Hé bien, justement, il lui reste l’autre, de jambe. Et là, c’est du sérieux.

5 – Ne pas être dans son assiette
En France, pays qui fut celui de la gastronomie, il nous arrive souvent de ne pas être dans notre assiette. Soit parce que nous avons bu trop de verres de ces cépages que le monde nous enviait jadis, soit parce, l’assiette, c’est aussi la stabilité d’un avion. D’ailleurs, depuis quelque temps, notre pilote national traverse des zones de turbulences. Ne pas être dans notre assiette suggère chez nous qu’on est aussi, quelque part, à côté de nos pompes, nos chaussures, nos talonnettes, ou si vous préférez, aussi à côté de la plaque. On voit que le Français peut donc se définir par l’endroit où il ne se trouve pas, qui est pourtant celui où il est attendu, sinon où il prétend toujours être. C’est d’ailleurs l’origine de l’expression.
Le protocole, celui qui dictait les plans de table stipulant que l’évêque ne pouvait être assis à côté de la femme du colonel, définissait la place de chacun devant son assiette. Le fait de ne pas s’y trouver pouvait se révéler être un drame social. Un stigmate. Aujourd’hui, ne pas être dans son assiette, c’est moins nobiliaire et plus… biliaire. C’est un problème tant digestif que moral. Heureusement, la culture française a créé aussi les alcools de fins de repas qui permettent de se remettre l’estomac à l’endroit, au risque d’avoir la tête à l’envers. C’est tout le problème : il faut conserver sa stabilité, son assiette… et ce n’est pas notre Captain Speakin’ qui actuellement me contredira.

6- Il pleut des cordes
La France est une nation que l’on dit tempérée. Je parle du climat, pas du tempérament du citoyen qui peut soudain connaître inexplicablement des accès orageux, lesquels nous refroidissent. Un climat tempéré est sans doute le terme touristiquement correct pour dire que nous sommes une nation majoritairement pluvieuse sur la moitié nord. Oh, bien sûr, ce n’est pas le Royaume-Uni qui a des précipitations telles qu’il pleut, comme le veut leur expression, des chats et des chiens. Non, lorsque c’est le temps de chien, chez nous, on dit simplement qu’il pleut, ou tombe, des cordes, -et dehors il n’y a plus un chat.
L’expression il pleut des cordes aurait été signalée à la fin du XVIIe siècle en parallèle de l’expression il pleut des hallebardes née d’un jeu de mot compliqué avec un terme argotique ancien. On notera toutefois que la France trahit peut-être là son tempérament : quand en Allemagne il pleut des ficelles, en Belgique des vachespleuvoir comme vache qui pisse dit-on d’ailleurs chez nous aussi- en Angleterre des tringles d’escaliers ou des seaux, des jarres en Espagne et des cruches au Portugal, nous on attache tout ça avec des cordes et on file vers le beau temps, qui on le sait parce qu’on est malin, arrive toujours après… En tout cas chez nous…

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5 juillet

Chroniques pour Euradionantes (3/11)

J’ai enregistré pour Euradionantes une série de 11 courtes chroniques sur des expressions françaises. Celles-ci, accompagnées par le même exercice fait dans une langue européenne par un membre de la radio devraient être diffusées une à une cet été. Voici les trois premières.


Dormir à poings fermés

Parmi les expressions françaises qui peuvent porter atteinte aux minorités, l’expression « dormir à poings fermés » est sans doute une des plus virulentes. En effet, les manchots, -je parle des gens affligés, et les bras m’en tombent devant tant d’injustice-, d’une perte notable des membres supérieurs, les manchots disais-je, peuvent-ils dormir à poings fermés ? On osera à peine leur demander, comme aux cul-de-jatte d’ailleurs qui prendront leurs jambes à leur cou.
Malgré des recherches à bras raccourci, je ne suis pas parvenu à retrouver l’origine de cette expression. On renvoie souvent à une première apparition, dans Le Père Goriot d’Honoré de Balzac, qui nous dit en 1834 que le personnage de Rastignac –une sorte de journaliste aux dents qui raient le plancher – « finit par se coucher et dormir à poings fermés ». Mais alors que signifie cette expression ? Pourquoi à poings fermés ? Le sommeil profond qu’elle exprime est peut-être celui des nourrissons qui dorment, dit-on du sommeil du juste dans le vacarme le plus improbable, et toujours les mains fermées. Mais ce n’est qu’une hypothèse. Peut-être que ce qui se fait à poings fermés, comme taper sur la table, signifie qu’on agit résolument. Au risque, il est vrai de réveiller l’entourage.

Il n’est pas tombé de la dernière pluie
J’ai croisé jadis en plein Sahara un type qui n’était pas tombé de la dernière pluie et pourtant, il n’avait pas inventé le fil à couper le beurre ; lequel chez lui fond comme neige au soleil. On peut s’étonner de ces expressions françaises que, somme toute, on ne peut employer partout, ni avec tout le monde. Le Français, qui se veut pourtant droit dans bottes déteste qu’on le croit tombé de la dernière pluie. Hormis les champignons, les seuls nés de la dernière pluie à qui il prête un intérêt parfois féroce, le Français se gausse même de ceux qui pataugent dans les flaques de la naïveté après l’averse.
Que signifie « ne pas être tombé de la dernière pluie ? » Cette expression née au XXe siècle exprime l’idée que si on a de l’âge et de l’expérience, en opposition à la fraicheur candide et ignorante de la jeunesse, on ne sera jamais dupe des manœuvres et des discours des autres. Par exemple, les propos des météorologues, ces fourbes. Les Français ne sont certainement pas tombés de la dernière pluie : on sait ici très bien que les miss météo peuvent nous promettre des lendemains qui scintillent, au soleil, mais que dès ce lendemain justement, le vent peut tourner…

Se retrouver le bec dans l’eau
Faites une expérience : un jour où il fait un froid de canard, essayez de pêcher des poissons. Vous verrez, vous allez vous retrouver le bec dans l’eau. C’est ce qui est étonnant avec certaines expressions c’est qu’on peut avoir des télescopages incongrus. Songez par exemple que les flamants roses qui passent leur temps le bec dans l’eau parviennent à se nourrir. Nous, non. De la supériorité, sans doute, du monde animal sur l’humain, ce blanc-bec. Pan sur le bec.
L’expression le bec dans l’eau serait apparue pour la première fois au XVIe siècle. On disait alors « tenir le bec en l’eau à quelqu’un » c’est-à-dire lui donner des espoirs qui s’avèrent être plus tard fallacieux. Le bec dans l’eau c’était donc toutefois une promesse de réussite. Aujourd’hui, le sens est presque contraire. Il y a eu glissement du sens du bec : être ou rester le bec dans l’eau depuis le XIXe signifie que l’on n’a rien obtenu. J’en conclus –car ce n’est pas la première expression en France qui voit son sens s’inverser – que rester trop longtemps le bec dans l’eau ne paie pas. En France, il nous aura fallu donc trois siècles pour le comprendre. Voici un constat qui devrait nous clouer le bec.

(A suivre)

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4 juillet

Bande annonce de la conférence musicale et humoristique sur Ennio Morricone (25 juin, à Vertou)

J’ai réalisé un petit teaser pour ma conférence humoristique et musicale sur les films accompagnés par Ennio Morricone ; conférence que je donne le 25 juin à Vertou (festival Charivari, près de Nantes) en duo avec le groupe de jazz Lulu La Nantaise. Bon, c’est de la basse def, ça accélère les mouvements, ça pixellise. Mais c’était ça ou 3 Go et ça ne tient pas sur le web. Allez, viendez le 25 ; allez les festivaliers commandez-nous cette animation concert… ! (Une prochaine date déjà peut-être en février dans le Sud).

Voir la vidéo (quelques secondes de chargement) : >Teaser conférence Ennio Morricone

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11 juin

Participation à la réalisation d’une brochure, avec des élèves, sur la mémoire d’un quartier de Châteaudun

A Châteaudun, le quartier Beauvoir (quartier populaire, trop souvent critiqué à tort) est en pleine rénovation urbaine.
Pour ne pas oublier le passé, l’association « Tu Connais la Nouvelle », Francis Mizio (c’est moi) et la ville ont participé à collecter la mémoire et à regarder l’avenir. Des jeunes du collège Anatole France, du collège Thomas Divi, des apprentis du CFA Industrie ont rencontré des habitants du quartier et ont mis en forme ces témoignages. Le tout sous la houlette de Francis Mizio (lui-même) qui a animé des ateliers d’écriture (présentation, préparation, interview, débriefing) et avec un superbe travail photographique de Stéphane Rocher. Le résultat : des expositions dans la ville et une brochure de 30 pages distribuée à l’ensemble des habitants de Châteaudun. Et surtout, de belles rencontres… et des personnes fières de leur quartier.

> La brochure est ici. > On m’écrit si on veut des renseignements sur ce type d’opération.

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8 juin