Nouvelle policière réalisée en atelier d’écriture dans un centre social

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Dix anciens allocataires du RSA suivis par Accueil Goutte d’Or à Paris ont écrit une longue nouvelle policière « A cœur ouvert ». C’est le fruit d’un travail d’écriture collectif exceptionnel que j’ai encadré en 2011 sur six séances (de mémoire…) avec l’aide de deux animatrices sociales formidables et inépuisables, Sandra et Sophie. L’ouvrage vient d’être publié.

La difficulté a résidé dans le souci de faire participer tout le monde. Or les préoccupations de chacun étaient différentes : il fallait parler de la réalité (une animation que le centre social avait réalisé l’année d’avant, que des allocataires soient en scène dans l’histoire), mais aussi mettre du polar, du fantastique, de la science-fiction, du roman historique, du mysticisme… Bref le mouton à dix pattes, mais on a trouvé la solution (un vrai casse-tête de littérature à contrainte) et l’histoire se tient. Le texte est donc écrit à dix mains.

Pour ma part ce fut une belle expérience, même si les difficultés en chemin, liées aux problèmes des auteurs, m’ont fait sérieusement remettre en question sur bien des points et perturbé sur les limites de mes compétences sur certains publics (pourtant je suis plutôt rodé avec mes expériences depuis une quinzaine d’années en prisons, à Grenoble, à Amiens…), sinon la pertinence de l’atelier d’écriture sur des publics qui, il faut le dire, vont de plus en plus mal psychologiquement depuis 10 ans. Le travail d’écriture en centre social ne me paraît plus toujours adapté depuis quelques années, car lors de séances, on peut déclencher malgré l’expérience des troubles chez les personnes sans toujours s’en rendre compte. Toutefois Sandra et Sophie, malgré les difficultés, voire celles du centre lui-même, dans un contexte où on doit passer des « marchés publics » pour s’occuper des pauvres, ont tenu bon.

L’ouvrage, tiré en numérique est disponible au prix de 10 euros à Accueil Goutte d’Or

Sophie, étonnée souffla : « Mais qui a mis un mannequin avec le costume d’Inca dans ce fauteuil ? Que se passe-t-il donc ici ? »

A la fois intriguée et agacée, Sophie se dirigea vers le fauteuil. Un frisson la parcourut car, en s’approchant, elle le trouva tout à coup bien réel. Bien trop réel…

Un nouveau frisson la saisit. Prenant son courage à deux mains, elle se pencha sur le mannequin, saisit le masque et l’enleva d’un coup sec.

Son sang se glaça. Ce n’était pas un mannequin mais bien un homme…