Mesdames, vos sacs à main sont des horreurs

J’ai écrit cette chronique lors d’une session de formation à l’écriture que j’ai donnée récemment à l’EMI Grand Ouest, à Nantes (c’était un exercice pour les stagiaires journalistes, tiré de l’actualité, auquel je me suis livré en même temps qu’elles). Comme je n’aime pas jeter mes textes, la voici :

grand-sac-flamingo

On vient de trouver une nouvelle façon de mourir. Cette fois, ce ne sera plus des veaux, vaches, cochons, couvées que surgit la menace exterminatrice de l’humanité, mais d’une maladie jaillissante d’un sac-à-main de dame. Le sac-à-main est mortel, même s’il n’est pas fait de croco en de vache folle.

Une étude de l’institut Initial Washroom Hygiene rapportée par le Daily Mail, prétend en effet que les sacs à main des femmes contiendraient plus de bactéries que des cuvettes de toilettes… publiques. Pas moins.

Passons sur l’obsession hygéniste américaine qui veulent nettoyer tout ce qui grouille depuis le début du XXe siècle de chez eux, jusqu’en Europe, vers l’infini et au-delà, sans parler de la lutte contre ces maladies que sont le communisme, ou les manifestations pour le service public. Passons sur cette omniprésence des études d’institut de toutes sortes qui nous disent un jour qu’un billet de 50 euros est aussi chargé en cocaïne qu’un trader de la Société Générale, un autre que les miettes contenues dans les claviers d’ordinateur pourraient nourrir une famille de réfugiés climatiques. Passons sur le fait que derrière cette étude sortira sans doute dans quelques jours le lancement d’une gamme de désinfectant de sac-à-main pivoine-jasmin ou pin des landes-réglisse. Passons sur le fait qu’on se soit intéressé aux sacs à main des femmes plutôt qu’aux poches toujours bourrées des hommes. La vraie info, c’est que les bactéries puissent survivre dans un sac-à-main de femme. Il n’y a donc pas que sur Mars que toute vie jugée impossible se révèle soudainement.

On avait toujours soupçonné que les sacs à main de femmes celaient du mystère. Il était temps, au XXIe d’explorer ces derniers territoires vierges du globe. On saluera les chercheurs du Initial Washroom Hygiene tant pour leur folle témérité d’avoir plongé la tête, les bras et un œil à l’intérieur des sacs à main féminins qui pourraient porter selon leur volume ou leur poids, sinon la composition hétéroclite de leur contenu, plutôt le titre de remorque. On imagine ces scientifiques 15 années d’études de biologie vêtus de combinaison blanche, parlant du nez à cause du tuyau sortant d’un casque bulle, armés d’un pistolet scanner revenant effrayés de ce qu’ils ont vu dans ces abysses que sont les réticules. On se dit qu’il en ont rapportés des récits incroyables, stupéfiants, évoquant des mondes en ruine, des plantes proliférantes et carnassières, des champignons géants, des vallées à dinosaures, des décharges pires que celles qui réapparaissent sur les plages de Vendée… Peut-être même y ont-ils croisé à l’intérieur de certains sacs-à-main quelques avions disparus dans le triangle des Bermudes ou Xavier Dupont de Ligonnès…

On pourrait se moquer, mais il serait de bon goût, pour une fois que la science a disposé de budget pour nous faire avancer vers les lumières du progrès social, de profiter de l’opportunité que cette étude nous offre pour légiférer. Légiférer pour qu’enfin le contenu de chaque sac-à-main soit déclaré, ou au moins visible, recensé par un organisme de contrôle. Légiférer pour accélérer la normalisation des sac-à-main de façon à ce qu’ils restent à taille humaine. Légiférer pour que ce qui a toujours été un objet gravement contondant type arme de dissuasion massive, soit désormais considéré comme vecteur de germe épidémique, et classé comme arme chimique à risque absolu. Dès lors nous pourrons passer à l’étape suivante : démontrer que la femme elle-même est porteuse de bactéries, et s’intéresser au vaste marché potentiel de la burka stérile bien trop sous-exploité en Occident. On a dit jadis qu’il y avait choc des civilisations. La bonne nouvelle est donc que c’était faux, et qu’elles vont enfin trouver comment s’entendre ces civilisations, main dans la main, et la tête dans le sac.

PS : > Le sac à main en photo est vendu ici.

« Les robots ne crient jamais », une novella de SF, gratos sur Poptronics

Le site top branchouille trendy, d’arts numériques, cyberculture etc. « Poptronics » de la grande prêtresse Annick Rivoire accueille une novella de SF de moâ (texte pas drôle, je le dis pour mes lecteurs habitués) : « Les robots ne crient jamais ». Histoire de luddisme et de pétage de machines sur fond de problématique sociétââle stuveux. > C’est ici gratos en PDf, avec des liens internes au texte, puis interview et divers autres choses, et j’en suis très honoré.

Souscription pour l’album de Lulu la Nantaise « Façon Puzzle », avec une novella de moâ

Lulu la Nantaise quatuor dont la spécificité unique en France est de se produire sur tout le territoire national en concert-spectacles mis en scène et scénarisés en exploitant un large fonds de bandes originales de films réécrites, adaptées et ré-interprétées va prochainement éditer son deuxième album « Façon Puzzle » accompagné d’une nouvelle littéraire de l’écrivain Francis Mizio donnant existence au personnage d’Audiard dont le patronyme est largement entré dans la culture populaire.

Vous pouvez soutenir ce projet par une > souscription en pré-achetant l’album dès maintenant au prix de 15€ l’unité (frais d’envoi compris)

Maquette du graphisme de l’album réalisé par l’artiste Fanny Beury

Au programme de la séance :
ADIEU L’AMI (François de Roubaix ) 1968
BOSTON WRANGLER (Michel Legrand ) 1968
LE CLAN DES SICILIENS (Ennio Morricone) 1969
YOUKOUNKOUN (Georges Delerue ) 1965
MAN NON TROPPO EROTICO (Ennio Morricone ) 1971
EXPERIMENT IN TERROR (Henry Mancini ) 1962
MY FAULT (Ennio Morricone) 1973
L’HOMME A L’HARMONICA (Ennio Morricone) 1968
JUDO (François de Roubaix ) 1970
OSS117 (Ludovic Bource et Kamel Ech-Cheikh ) 2010
CINEMA PARADISO (Ennio Morricone) 1989

Sortie officielle du disque le 6 novembre 2012 (20h30) à la salle Pannonica 9 Rue Basse Porte 44000 Nantes

> Lulu La Nantaise

Metal flamingo

Je me suis fait embaucher comme bénévole au bar au festival de musique extrême le Hellfest de Clisson des 15 au 17 juin derniers, afin d’y effectuer un reportage de journalisme gonzo (soft, hein, au sens actuel de journaliste impliqué dans l’événement). N’y connaissant strictement rien en musique metal, j’ai fait le récit en 3 épisodes, rédigeant chaque matin avant de me rendre travailler. Le gonzo étant proche de l’écriture de fiction, il y a un récit, où le personnage évolue, et débouche sur des perspectives plus larges, revendiquant ses opinions et sa subjectivité. C’est à lire en 3 épisodes ici. C’est du boulot modeste, mais il semble que cela a été apprécié, même par les métalleux.
J’envisage autant que possible de renouveler ce type d’expérience, étant convaincu, pour plusieurs raisons et à la suite de l’observation de signes concordants dont je vous fais l’économie, que cette pratique en terme de presse écrite (l’audiovisuel le fait couramment en fait aujourd’hui avec des reportages en caméra cachée par exemple) va être de retour, ou qu’elle doit de nouveau être utilisée parce que du goût du lecteur. A noter que la figure du journaliste-écrivain qui raconte à la première personne en étant impliqué dans les faits n’est pas nouvelle (Albert Londres l’a fait, Günter Wallraff ou récemment Florence Aubenas), mais que ce sont les Américains, avec leur talent pour tout s’approprier et nommer les choses, et enfin via notamment Hunter S. Thompson qui l’a poussé dans des retranchements spectaculaires dans les années 70 (subjectivité modifiée par l’absorption de drogues et d’alcools) qui paraissent en être à tort les inventeurs, du moins pour la forme actuelle moins déjantée. Sinon Hunter S. Thompson le définissait ainsi : « « Le reportage gonzo allie la plume d’un maitre reporter, le talent d’un photographe de renom et les couilles en bronze d’un acteur. »
Il faut que je fasse encore des progrès en photo :-)

> Episode 1
> Episode 2
> Episode 3