Utopitreries de Ruminghem

Prés de Calais se trouve le village de Ruminghem où depuis dix ans se déroule en mai le festival des « Utopitreries », à l’initiative d’une association épatante, « La Note Bleue » qui est extrêmement active et mène des activités plus que diversifiées, du théâtre à l’animation scolaire, de la danse aux sorties culturelles, de la musique aux grands projets délirants, de l’éducation populaire aux conférences, clowneries et expositions…. C’est un bouillonnement étonnant, et je le crois, plutôt unique.
Cette année Les Utopitreries se déroulent du 11 au 16 mai. Voici le programme. Le spectacle de dimanche 17 mai « Ça va mieux en l’disant » mis en scène par Pascal Roumazeilles a été écrit par moi (et amélioré par la troupe au fil des répétitions) à partir de collectages de paroles effectués par Pascal. Une bouffonnerie sous forme de fausse émission TV qui revient sur les dix d’activités de La Note Bleue. Comme tout le reste des Utopitreries, c’est à ne pas manquer…

(Cliquez sur le programme pour l’agrandir)

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Les saigneurs : pièce de théâtre disponible (drame – 2 personnages)

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J’ai le plaisir (en fait le regret) de vous annoncer que j’ai décidé de « libérer » une pièce de théâtre écrite par moi (avec l’aide du metteur en scène Dominique Champetier) il y a bientôt 5 ans.

Cette pièce, considérée par de nombreux professionnels du théâtre comme, pas moins, « un chef d’œuvre », un texte « inoubliable », « génial » et qui a connu pas moins d’une quinzaine de versions avant d’être aboutie (et déclenché aussi une dépression chez moi), n’a pas trouvé producteur durant toutes ces années malgré l’engagement et l’énergie très importants du metteur en scène Dominique Champetier, et de ses deux acteurs pressentis Thomas Chabrol et Stéphane Boucher ; acteurs parfaits pour chacun des rôles, que je remercie encore ici. Ces derniers, très motivés, l’ont lue des dizaines de fois devant des parterres de professionnels et de producteurs des plus éminents (notamment à la Gaité Montparnasse, au Théâtre de la Renaissance, etc.) afin de trouver un producteur, au point à la fin quasiment de la jouer tant ils connaissaient le texte.

Elle a bénéficié aussi fut un temps d’un fort engagement (voire démesuré) de Bernard Pierre Donnadieu l’année précédent son décès. Il y voyait un (dernier?) grand rôle pour lui qui était obsédé par le film Looking for Richard (documentaire d’Al Pacino extraordinaire), le personnage de Richard III et Le Discours de La Servitude volontaire d’Etienne de la Boetie.

Cette pièce n’a pas été produite malgré moult rebondissements et l’engagement à la fin d’un grand producteur de théâtre parisien parce que considérée comme trop déprimante, trop grave, sinon trop politique ou subversive, eu égard à une économie du théâtre qui cherche plutôt « ce qui marche » et remplit donc le théâtre privé avec de la comédie et des têtes d’affiche. (Elle a été lue par bien des acteurs actuels dits bankable sur conseil de leur agent (on sera discret sur les noms, même s’ils se disent toujours politiquement concernés, qui l’ont trouvée remarquable, mais le texte n’entrait, en quelque sorte, pas dans leur « profil de carrière »). Sans doute notre tort a-t-il été de ne vouloir la monter que dans le théâtre privé, avec des jauges assez importantes : et personne n’a pris le risque financier.

Bon alors, ça raconte quoi ? 
Cette pièce, qui est ma dernière tentative à l’époque d’écriture de fiction à visée professionnelle après mes déboires dans l’édition et le cinéma, m’a été inspiré d’un des films qui m’a le plus fasciné dans la vie : Le Limier de Mankiewicz (scénario d’Harold Pinter), adaptant la pièce éponyme d’Anthony Schaeffer. Sachant que je suis, en terme de théâtre, sous l’influence de la pièce Oleanna de David Mamet, du théâtre de Tennessee Williams et de celui, encore lui, d’Harold Pinter (et de ses scénarios, notamment The Servant, de Joseph Losey), et enfin du Souper de Jean-Claude Brisville. Seule m’intéresse au théâtre la rencontre entre deux personnages (trois max), au-delà, c’est du divertissement. Pourquoi ? Parce que toute chose : une histoire d’amour, une guerre ou une crise mondiale, ou je ne sais quoi comme un passage une demi heure dans une piaule du Fouquet’s après une élection présidentielle, est peu ou prou décidé à un moment ou un autre par l’interaction entre deux personnes. Et ça, c’est intéressant. Le reste, c’est de la 3D.

Bref. Voici le pitch de « Les Saigneurs » (titre trouvé par Dominique Champetier) pièce en deux actes, intitulée au départ « Win-Win » (« Gagnant-Gagnant », mais il paraît que cela faisait trop « Pouic Pouic »), mais passons :

Le DRH d’un grand groupe industriel, quinquagénaire autodidacte monté dans l’entreprise échelon par échelon, a mis en place une politique de pressurisation de tous les cadres, à tous niveaux, de sa société. Le personnel est à cran, mais la production et la valeur de l’action s’en portent remarquablement. Arrive un audit, fils de grande famille parachuté au conseil d’administration restreint, plus jeune, qui lui explique que s’en est fini pour lui car la concurrence a fait mieux l’an dernier en terme de valeur de l’action, lors du paiement de dividendes. Comment ? Ils ont eu des suicides de grands cadres, et leur service communication a réussi a inverser l’image en plaidant l’engagement ultime pour le consommateur, prouvant au marché que leur entreprise fait tout pour être la meilleure. L’actionnaire a suivi et la concurrence s’est vue valorisée sur le marché. Or, dans l’entreprise pressurée par notre DRH il n’y a pas eu de suicide de cadres. Le marché peut craindre que l’entreprise soit molle et s’en désintéresser. L’audit veut donc, afin de rattraper le coup et de faire comme la concurrence, qu’il y ait un suicide de haut cadre chez eux aussi. Pour ce faire il communique au DRH une liste de types à cran sur lesquels il n’y a plus qu’à appuyer. Le DRH refuse, alors l’audit décide de le persuader que c’est à lui de se suicider : d’une part pour son bien et pour avoir une sortie de carrière honorable car il est à bout de souffle, d’autre part pour l’entreprise et donner un sens, du coup, par cet engagement ultime, à sa carrière…

Je précise que ce texte était terminé dans une de ses versions des plus abouties un an avant les premiers suicides chez France Telecom.

Deux acteurs ; un seul plateau, peu d’accessoires et décors

Je mets ce texte à disposition. Toutefois, compte tenu de ses mésaventures douloureuses et en hommage à l’engagement mémorable dont ont fait preuve Dominique Champetier, Thomas Chabrol et Stéphane Boucher toutes ces années je préfère prévenir que cette pièce n’est pas bradée. Je ne communiquerai le texte :
– que si seulement on me fait la preuve d’être une structure, une compagnie, une scène, une troupe sérieuse et ambitieuse, professionnelle. Si vous faites habituellement du Boulevard, c’est inutile. Les rôles sont durs et soutenus ; il faut du métier.
– que si on me garantit que le message politique implicite ne sera pas détourné (ce n’est pas frontalement politique, jamais. L’ambition première est de plaquer au fauteuil les spectateurs assistant à l’affrontement, et se voyant renvoyés à leur propre vécu d’entreprise). toutefois si des adaptations du texte sont nécessaires, je ne ferai pas de crise d’égo ; je ne suis pas un auteur chiant. Mais je ne veux simplement pas me retrouver avec une comédie qui valide le système.
– que tout pourra être contractuellement fait dans les règles de l’art. Les droits d’auteurs seront répartis entre Dominique Champetier et moi-même. Cette pièce est déposée.

Voilà. On peut m’écrire ici : francismizio@wanadoo.fr

Spectacle d’après un de mes romans, aux « Déboussolades » de Lons Le Saunier

Mon roman « Tout ce qui tombe du ciel » a été adapté à la scène ! Il sera joué le 2e jour des « Déboussolades » de Lons Le Saunier, le 7 septembre (roman disponible seulement en numérique aux Editions du Gaulois Nomade). Une seconde partie aura lieu quelques semaines après (j’ignore la date). La compagnie « L’atelier de l’exil » a pour habitude de proposer ces rendez-vous de lectures/spectacles de romans (il y a eu Pasilinaa, c’est flatteur pour moi) à Lons, avec semble-t-il un certain succès. Je serai sans doute présent pour le 2e round, avec rencontre et une animation de ma part, genre conférence loufdingue. C’est en cours, à suivre.

(J<NUIT<(J+1)+10MN) ETC…
d’après le roman de Francis Mizio « Tout ce qui tombe du ciel ».
Avec Françoise Bénéjam et Michel Beuret

vendredi 7 septembre à 19h
44 rue du commerce- 39000 Lons-le-Saunier


Pour compléter, la compagnie a réalisé un prospectus reprenant des caractéristiques de l’histoire, qui sera remis aux spectateurs (Le roman raconte comment la chute d’une météorite bouleverse le village de Château-Carrois, en Limousin). On peut la télécharger là, et je sais que vous serez des dizaines de milliers à le faire > ici

Venez assister à une lecture gratuite de ma pièce à la Gaieté Montparnasse, le 22 mars

Thomas Chabrol
Thomas Chabrol

Vous l’ignorez sans doute, mais j’ai écrit, avec la collaboration du metteur en scène Dominique Champetier, une pièce de théâtre portant sur le monde du travail, très noire et très cruelle, sans aucun humour, « Les saigneurs ». Il s’agit d’un huis-clos, à deux personnages. Mon objectif était que ce soit « plaquant au fauteuil » et implacable. En quelque sorte mon « Limier » de Manckiewicz à moi pour ceux qui ont vu ce film tiré de la pièce d’Anthony Shaffer, -toutes proportions gardées bien sûr.

Stéphane Boucher
Stéphane Boucher

Cette pièce, dont près de 15 versions ont été écrites pour en faire de la dentelle (Dominique a revu le début et la fin lorsque j’ai jeté l’éponge, déprimé) a connu bien des vicissitudes depuis deux ans, où elle est en « panne », ne trouvant ni salle ni producteur malgré l’engagement et la motivation autour de ce texte de deux excellents acteurs Thomas Chabrol et Stéphane Boucher (qui collent magistralement aux rôles) et l’énergie de Dominique Champetier pour la faire connaître et produire.
Une des pratiques du théâtre, pour faire vivre et connaître les textes, d’attirer les producteurs éventuels et de créer du bouche-à-oreille est d’organiser des lectures publiques (les acteurs, texte à la main, lisent en jouant au minimum). Une lecture, publique et gratuite, aura lieu le mardi 22 mars à 14h à la Gaieté Montparnasse, effectuée par les deux acteurs pressentis. Vous êtes cordialement invités. Merci > de me prévenir si vous comptez venir, car il faudra peut-être lister les noms pour l’entrée du théâtre.