
Je tire le bilan de l’année : travail TOUS les jours (oui, tous. Pour préparer, pour proposer, pour finir, pour faire), gesticulations incessantes, plein de choses faites et de bons moments, mais force est de constater que financièrement ça devient de plus en plus intenable (paiements de plus en plus tardifs, relances incessantes, et au final à cause de la dégringolade des tarifs, pas un centime d’avance, voire… fin d’année raidissime). Et je n’ai plus rien à faire à compter de mars jusqu’à ad vitam aeternam car je vais sans doute perdre les cours à l’automne 2012 grâce à la loi d’autonomie des universités… Bref, je cherche du boulot à compter de mars, salarié et machine à café, si possible pas chiant, pas avec des petits chefs, si possible qui ne rende pas fou, avec un salaire qui permet un peu plus que me nourrir me loger et rester propre. Je ne peux plus attendre entre trois et six mois qu’on me paie (qui le peut?). Précision : je sais lire et écrire.
> M’écrire.
image : Xavier Gorce
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17
décembre

Ma copine Flore qui vit aux Amériques a décidé de créer une maison d’édition pour Français expatriés, »Le Gaulois Nomade »: que des livres en français sur Kindle (mais lisibles sur ordinateurs et tablettes avec un reader gratuit Amazon), car le catalogue d’Amazon en la matière est pauvre, mais l’appareil répandu. Je lui ai réécrit un de mes romans indisponibles dont j’avais récupéré les droits (et j’ai même fait la couverture !).
> C’est ici : Enjoy, les froggies !
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3
octobre

Je suis un écrivain, mais aussi un citoyen, un quidam, qui doit tout aux bibliothèques de prêt. Je leur suis viscéralement attaché. Enfant aux parents guère fortunés, j’ai usé mes pantalons dans les bibliothèques municipales de ma ville. Plus tard salarié, déjà pas assez rémunéré dans les années 80-90, j’ai écumé le catalogue de la bibliothèque d’entreprise réservée au personnel de la grande banque parisienne pour laquelle je travaillais. Aujourd’hui encore, -et toujours, et plus que jamais, et résolument-, je hante tout ce qui est bibliothèques et médiathèques de ma ville, de musées, d’administrations, d’entreprises, même.
J’ignore si la bibliothèque financée par la banque et son comité d’entreprise de l’époque existe encore. Je doute, mais je le souhaite vraiment. On dit que chaque vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle. Je viens d’apprendre que la ville de Paris voulait supprimer la bibliothèque Morland, réservée au personnel de la ville. La ville de Paris brûle donc ses bibliothèques. Sans doute l’idée de donner accès à la culture à des employés est-elle une idée de vieillards -de ceux qui firent en 1945 le service public, la sécu, l’éducation, et j’en passe.
Les employés de la ville de Paris ne devront que produire, travailler et ne plus pouvoir se cultiver sans écorner leurs faibles rémunérations. On savait déjà au titre du terme étrange de « volumétrie » la ville de Paris veut se séparer de milliers de livres . La volumétrie va donc atteindre l’accès à la culture des salariés. Lire, c’est sans doute désobeïr. Lire c’est sans doute coûter de l’argent. Donner à lire, donner du sens, c’est sans doute plus onéreux que de répandre du sable sur des quais pour amuser une galerie de passants.
C’est à la bibliothèque de prêt qu’enfant j’ai emprunté le roman de Ray Bradbury : « Farenheit 451″. Des pompiers y brûlent des livres. Ils font des tas dans la rue et les enflamment. A Paris, on va carrément éliminer des rayonnages. C’est plus radical, plus rationnellement froid, sans doute. On fera un hôtel ou un supermarché. On fera de l’argent grâce à la revente du lieu. Avec le reste, on communiquera sur papier glacé et sans doute parlera-t-on dans ces pages aux mots creux de Paris, Ville de Culture.
Le service public -ho ! le méchant mot- est en train de crever sous la bêtise et la cupidité. Le service public, l’éducation générale, le respect de chacun, et même de ses salariés, voudrait qu’on s’élève toujours plus. C’est une histoire de dignité. Encore un vilain mot, sans doute.
Le projet de fermeture de la bibliothèque Morland est indigne. Comme de nombreux autres écrivains ou citoyens je suis signataire de la pétition. > Je vous engage à faire de même.
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25
septembre
Pour recevoir une version de l’article et être tenu au courant de l’avancée des travaux : contact@guanxi.pro Sinon suivez cette page : des éléments de langage seront révélés peu à peu d’ici la déclaration d’indépendance (et ses discours) notamment sur la page Facebook du P.I.P.I.
(Légère erreur dans l’article : immarcescible signifie au contraire « qui ne peut flétrir »).

Un ancêtre au P.I.P.I. (Ouest France) qui semble-t-il nous soutient. Merci à ces visionnaires ! Les ralliements, de fait, sont de plus en plus nombreux. Le Melting Potes commence d’ores et déjà les travaux pour creuser un amphithéâtre de 3000 personnes entre le lave-vaisselle et la pompe à bière :

> A noter aussi un article sur la version électronique du Télégramme
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26
août

… est enfin connu. La déclaration d’indépendance de l’Ile de Nantes (billet précédent), en fait partie…
> C’est ici et ce sera tous les mercredis soir à Nantes à compter du 14 septembre.
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18
août