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Déclaration du 28/11/2011 de JB Pouy, Plénipotentiaire de Rapa Nui, envoyé officiel auprès du P.I.P.I.

Le 11 octobre 2011 dans Parti indépendantiste

La déclaration d’indépendance de l’île de Nantes a été suivie d’une intervention de Jean-Bernard Pouy, envoyé plénipotentiaire de l’île de Pâques. Chez lui, il est Consul périphérique extérieur, ministre de la littérature de gares, de quais, de salles d’attente et des appareils de compostage. Il est par ailleurs Oeil Directeur et Responsable de la cyrrhose et du cholestérol.

Le célèbre moai Rapa Pouy

Bonsoir.
Pâques est, grosso modo, synonyme de résurrection… Ce qui, ce soir, s’impose, puisque l’Île de Nantes, renaît, enfin.
L’île d’où je viens, après 222 jours de voyage (je ne prends pas le zinc, je, simplement, m’y accoude) se nomme ainsi parce qu’elle a été « découverte » le jour de Pâques 1722 par le Hollandais Jakob Roggeveen. (D’ailleurs je m’interroge toujours sur ce mot : «découverte», ce qui en dit long sur la réalité et l’existence du monde uniquement considéré par les pré-colonialistes européens alors qu’elle était déjà, depuis un paquet de temps, habitée par des Polynésiens).
Mais bon, on peut donc dire que l’Île de Nantes a été découverte le 28 Septembre 2011, par les navigateurs Francis Mizio et Lalie Walker.
Ça, c’est du solide.
Le 28 /9. Selon le calendrier des Postes, c’est le jour de Saint Wenceslas. Et selon le non moins célèbre calendrier des Papous : la St Placard…
Ce n’est qu’une suggestion…
Avant l’arrivée des aventuriers de tout poil, l’Île de Pâques habitée depuis le 5ème siècle par des dingues de la pirogue, se nommait Rapa Nui, la Grande Rapa.
Il faut donc rapidement trouver un nom à l’Île de Nantes, dans le langage des gens l’occupant déjà, ces nantais jadis un peu honteux et désormais fiers, de ne pas habiter le centre-ville. Pour cela, n’oublions pas le nom des premiers habitants, les «Namnètes». Et de la femme la plus célèbre du coin, Edith.
Il faut aussi définir un nom de capitale ou de chef-lieu, (dans l’Île de Pâques c’est Hanga Roa). « Hangar Sernam » me semble une bonne piste.
Chez nous, nous avons un lieu, tout aussi magique que mythique, le « Te pito o te fenna » (le nombril de la Terre). Vous, ilo-nantais, l’avez déjà, ce lieu central, ce lieu des palabres, il se nomme le « Melting Potes », où nous sommes enfin réunis ce soir.

Je laisse aux instances, auto-déclarées ou élues, le soin de définir aussi un drapeau. Je vous rappelle ce que disait Norman Thomas (pacifiste et socialiste américain) : «Si vous voulez accomplir un geste symbolique, ne brûlez pas le drapeau, lavez-le !».
Comme l’Île de Pâques fait partie, depuis 1995, du Patrimoine Mondial de l’Humanité, dressé par l’Unesco, il faut donc, par ailleurs et immédiatement, que les instances dirigeantes de l’Île de Nantes dressent immédiatement le dossier.

La langue des Rapa est le rongorongo. Indéchiffrable, intraduisible et toujours mystérieux, il n’existe que sur de simples plaquettes de bois. Cette « indéchiffrabilitude » est le gage de protection de la culture. Il faut donc assez vite que l’Île de Nantes crée son propre rongorongo. Car, comme le proférait bêtement le simili rapa Philippe Sollers: «le langage est notre corps et notre air, notre monde et notre pensée, notre perception et notre inconscient même».
Travail futur à faire.
Il y a déjà, ici, nombre d’intellectuels dépravés, crypto surréalistes, multi et infra-textuels pour se charger de cette avancée linguistique. (je conseille néanmoins d’oublier le faux rapa Jacques Lacan).

Les célèbres statues de l’Île de Pâques, les «moias», sont un gage immarcescible de respect historique. Il faut donc que l’Île de Nantes érige de similaires signaux. Même s’il y a déjà nombre de ronds-points, d’abribus, de feux rouges ou de panneaux de signalisation. Il faut trouver et imposer ce que peut, aujourd’hui, être un totem moderne. Il y a suffisamment, sur l’Île, d’artistes crypto-conceptuels pour inventer l’évidence. Le moyen rapa Michel Tournier écrivait : «Tout est signe. Mais il faut une lumière ou un cri éclatant pour percer notre myopie ou notre surdité».

L’Île de Pâques fait 162 Km2, l’Île de Nantes 3,37 km2,
donc 48,07 fois moins.
Il faut donc immédiatement énoncer 48 éléments qui feront que l’Île de Nantes soit aussi vaste, au moins mentalement, que sa grande sœur, d’où je viens, en oubliant le mauvais côté de l’insularité (St Hélène, l’Île du diable, Alcatraz, Rikers Island…)
Dans tous les récits célèbres d’îles, entre autres, on trouve l’Île au Trésor, celle de Robinson Crusoe, celle de King Kong, l’Île du Docteur Moreau, de Paul et Virginie, de Montecristo, L’Île Noire de Tintin, celle des révoltés de la Bounty, et bien sûr, l’Île Mystérieuse de votre fameux nantais Jules Verne (qui a d’ailleurs écrit aussi l’Île à hélice). Et Jules Verne a également écrit un roman intitulé : l’École des Robinsons. Étonnant, non ?
Retournons donc à l’école.
Nous sommes le 28. or Jules Verne est né en 28 (8/ Février/1828), soit un 8/2 (qui donne, à l’envers, encore 28).
Il faut y voir un signe.
Retournons donc à l’école, version interactive.
Pensons à la célèbre question : « qu’emporterez-vous sur une île déserte ? » et considérons que l’Île de Nantes est, pour l’instant, vierge, déserte : à vous de la peupler de schèmes, de pratico inerte opérant et de la remplir de sens.
Dès ce soir.
Et, je vous en supplie, n’oubliez pas le tire-bouchon.

JB Pouy, Plénipotentiaire de Rapa Nui, envoyé officiel auprès du P.I.P.I.