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Eloge de la Luzerne, par Lalie Walker

Le 26 février 2013 dans TEXTES DE LA BAN

[Texte dit à la BAN 1] En contrepoint du kérosène, la luzerne. A suivre, éloge du mou.

Luzerne mon amour,
Mon herbacée fourragère
Tu descends de l’illustre famille des fabacée
Mais modeste, tu te fais appeler grand trèfle,
Luzerne ma lumière,
Ma medicago sativa,
De vers luisant, ou lampe, te viendrait ton nom
Tes graines brillent sur le vert des prés, illuminent bétails et humains
Qui se nourrissent de tes feuilles à folioles oblongues
Se délectent de tes fleurs, dont la grappe légère flotte au vent
Se repaissent de tes gousses recourbées en hélice senestre
Luzerne, ma vivace !
Ma violette ma jaune,
Partie un jour du grand Ouest asiatique,
Venue d’Afghanistan, d’Iran ou de Turquie,
Tu t’épanouies bien mieux sur les sols méditerranéen que dans nos mornes campagnes
Partout, Luzerne, mon adorée, tu t’adaptes
On te trouve en Bourgogne comme en altitude,
Luzerne, ma généreuse !
Mon angiosperme coloré,
On te néglige pourtant, toi qui purifie notre eau, notre air, toi écolo jusqu’au bout des gousses, toi, l’amie des abeilles, on te néglige de plus en plus et la terre en souffre,
Deux à trois fois par an l’on te fauche, et ta vie bascule
Dans nos assiettes comme sur les sols que rêvent de bitumer Vinci
Dans nos phytothérapeutiques mets, pour soigner nos os, nos sueurs, nos infections, nous débarrasser de nos ongles mous, de nos cheveux fatigués, de notre mauvaise haleine et autres bactéries.
Luzerne, ma Luzerne,
Ma sage, ma tenace protéinée,
Ancre bien tes tiges dans nos sols pesticidés, comme dans nos cœurs reconnaissant,
Lisse tes feuilles dentées au sommet, d’un vert gris que l’on t’envie
Car demain, tu renaîtras plus lumineuse et luisante que par le passé.